Pourquoi parler de facilitation ?
Pourquoi ce terme pour parler d’animation de groupe ? N’est ce pas un peu pompeux ou peut-être une simple mode linguistique ? Et si c’était plutôt parce que la facilitation n’est pas de l’animation ?
Commençons par le début, la facilitation consiste avant tout à faciliter. Et à faciliter quoi me diriez vous ? L’intelligence collective car il n’y a pas de facilitation sans intelligence collective. Sinon ça risque d’être de l’animation. Le premier parcours certifiant, créé il y a 10 ans par Didascalis porte d’ailleurs le nom de « Facilitateur de l’Intelligence collective »®.
La facilitation permet aux organisations de répondre aux enjeux croissants de complexité et d’incertitude. Elle mobilise des professionnels des postures et processus collaboratifs. Elle vise l’implication des participants, l’atteinte de l’objectif avec des productions variées et créatives, sans oublier le bien être du collectif. Les nouvelles générations apprécient de se mobiliser sur de nombreux sujets internes. C’est donc aussi un facteur d’attractivité.
Comment la mettre en place ?
La facilitation de l’intelligence collective nécessite l’intervention d’un professionnel formé. Il a lui même a vécu à cette occasion une transformation intérieure.
En effet, le facilitateur propose de travailler différemment. Il sait que ce n’est pas évident, il l’a lui même expérimenté et vécu. Il pourra ainsi être attentif à son groupe et y aller progressivement, pas à pas. C’est aussi pour cela que le facilitateur doit avoir un lieu de supervision pour être soutenu, partager sa pratique et vérifier qu’il est ajusté.
Enfin, la facilitation peut se mettre en place dans tous les types de collectifs, quels que ce soient leur taille, leur nature, le type de rencontre et leur durée. Elle est proposé de façon ponctuelle lors d’un temps collectif et peut aussi être intégrée en interne avec un accompagnement dédié.
Que comprend la facilitation ?
Nous l’avons vu, le facilitateur va créer les conditions pour que l’intelligence collective advienne. Ce n’est pas attendu de l’animateur. Il s’agit bien là d’une différence importante. C’est ni mieux ni moins bien, les attendus ne sont pas les mêmes. C’est juste différent !
La facilitation est trop souvent réduite à l’utilisation d’outils collaboratifs. Les outils sont importants mais insuffisants. Le facilitateur est un expert des processus collaboratifs, mais aussi de comment fonctionnent les groupes et de la bonne posture, c’est à dire de sa juste place.
C’est un praticien qui mixe trois dimensions : la première est cognitive, la deuxième est relationnelle et la troisième est l’action. Il maitrise 4 blocs de compétences : la conception du temps collectif, son organisation, la facilitation et le management de l’équipe. Il est centré sur les processus et le sens pour laisser pleinement le groupe se mobiliser sur le contenu, c’est à dire les sujets à travailler.
Astuces pour la repérer et savourer !
Le facilitateur a un déroulé d’intervention. Il peut l’ajuster, voir le modifier à tout moment en fonction de ce qui se passe. Il se pose en permanence les questions suivantes : Est-ce que j’interviens ou pas et pourquoi ? Qu’est ce que le groupe est en train de faire ? Que se passe t-il entre les protagonistes ? Les prises de paroles sont elles claires ? Etc.
Enfin, si vous observez une personne qui dans un même temps collectif peut être très silencieux (posture basse) ou très directif (posture haute), il y a des chances que ce soit un facilitateur. Et si en plus, à certains moments il arrête le processus de travail pour parler de ce qui se passe dans le groupe, écoutez et regardez, vous y êtes !
La facilitation est véritablement une nouvelle forme de leadership !